Portrait d’une coopérative de café : Manos Campesinas

La Brûlerie Santropol entretient des liens directs avec plusieurs coopératives de café équitable et bio. En mai 2013, ses représentants ont eu l’occasion d’échanger avec Carlos Reynoso de Quetzaltenango au Guatemala. Il dirige la coopérative Manos Campesinas qui regroupe 1000 fermiers dont 230 femmes.
La coopérative a été fondée en l’an 2000. Son mandat initial était tourné vers l’accompagnement des membres dans la transition vers l’agriculture bio. En 2013, tous les membres sont maintenant certifiés biologiques.

La coopérative, à travers ses techniciens agricoles, a permis aux membres de produire un café de plus haute qualité, mais, plus important, d’être enfin payé équitablement pour cette qualité. La coopérative permet aux producteurs d’éviter les intermédiaires et d’avoir un meilleur prix à l’exportation. Ses ventes se partagent entre l’Amérique du Nord (80%) et l’Europe (20%).
Les parents de Carlos ont travaillé dans des plantations de café depuis les années 60. C’était un travail dur et mal payé. Ils rentraient tard du travail. Ils étaient fourbus et n’avaient jamais de temps pour se détendre ou pour s’amuser avec leurs enfants.

Pour arrêter de dépendre de l’employeur unique de la région, ils ont acquis, avec l’aide de l’église, une petite terre. Naturellement, le produit auquel ils ont pensé était le café.

Pour Carlos « le café est une plante généreuse. Elle s’adapte à tous les types de terrains, les plus humides ou les plus pentus, des moins ensoleillés aux plus frisquets. Évidemment, il faut en prendre soin, mais elle sait donner en retour. »

Carlos a été chanceux d’être aller étudier à la ville avec l’argent du café que ses parents ont gagné pendant les années 80. Avec la crise des années 90, tout a changé. Son père s’est tourné vers lui pour organiser Manos Campesinas : « je pourrais trouver un bon travail en ville, mais je veux rester avec les producteurs, ma place est là ».

A-t-il peur de la rouille du café, ce champignon qui dévaste les feuilles du caféier et nuit à la production du fruit qui abrite les précieux grains ?
Selon lui, la rouille est présente depuis des années, mais ce n’est pas la seule maladie présente. La nouveauté toutefois, c’est qu’elle n’a jamais été aussi forte.
Et ça tombe mal. Cette année, après des années de fluctuations de prix, c’est-à-dire, incapable de prévoir si le petit profit d’une année est le début d’années de répit ou un accident (heureux) de parcours dans un cycle de vache maigre, la coopérative n’a pas pu faire d’investissements dans le renouvellement des caféiers. Les plantations ont des arbustes vieillissants et ceux-ci, moins vigoureux, se défendent moins bien contre la rouille et les autres maladies.
La prime bio ou la prime équitable pour leur café aident à passer à travers, mais ce n’est pas que l’argent qui compte : depuis que la coopérative prend en charge plusieurs activités de transformation du café avant exportation, les membres peuvent passer plus de temps à la maison pour se détendre ou pour jouer avec leurs enfants. Carlos l’a constaté lui-même : son père passe bien plus de temps avec ses petits frères et sœurs (encore à la maison) qu’il en a eu au même âge. Et cette situation le rend très fier!

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