Fiche produit du mois : le thé

Le thé

Qu’importe la diversité des hypothèses mythologiques qui attribuent la découverte du thé à un empereur divin ou au Gautama Bouddha, le thé est originaire d’Asie et fut longtemps sous monopole Chinois.  C’était avant l’arrivé des Britanniques qui en 1840 plantèrent des théiers dans le jardin du docteur Campbell, à Beechwood, Darjeeling, en Inde.

Le thé s’installa alors dans l’économie mondiale et dans les cultures. L’Inde millénaire l’intégra comme on accueille un « nouveau » dieu dans le panthéon hindou. Le thé y est devenu une icône culturelle, une boisson nationale façonnant divers aspects de la vie. La conversion au thé ignora toutes les frontières : après l’eau, le thé est la boisson la plus bue au monde! Des dizaines de milliers de tasses à la seconde – le temps de lire ce bout de phrase, c’est la consommation mondiale de thé qui vient de s’écouler dans d’innombrables gosiers!

Qu’importe également la multiplicité de sa taxinomie colorée ‑ blanc, noir, vert, bleu, rouge et même jaune – tous les thés viennent des feuilles d’un seul type d’arbres : camelia sinensis, comportant deux variétés, sinensis et assamica, disséminées naturellement aux quatre coins de l’Orient, et historiquement concentrées en Chine.

À l’état sauvage, camelia sinensis peut atteindre 20 mètres de hauteur ce qui est peu pratique pour la récolte! La domestication du théier le bride plutôt à une taille de 1,20 mètre pour optimiser le rendement et la cueillette. La science, sinon l’art de la récolte passe par une stratégie qui doit composer avec l’heure du jour ‑ la cueillette matinale est plus dense en tanins ‑ mais aussi avec les impératifs de croissance et de qualité; on peut choisir de ne prélever que la première feuille suivant le bourgeon, pour une finesse supérieure, sinon les autres feuilles dans l’ordre, pour favoriser la croissance du plant.

Par la suite, ce seront les décisions concernant la fermentation des feuilles ‑ légère, modérée, pleine ou simplement inexistante ‑ qui créeront les différents types ou « couleurs » de thé. Les Japonais ont fait du thé vert (non-fermenté, mais torréfié) leur unique passion, alors que les thés semi‑fermentés (« oo‑longs ») sont d’inspiration chinoise. Le thé noir, résultat supposément inopiné d’une fermentation étirée au cours d’une livraison en retard au 17e siècle, a tant séduit les sujets de la Couronne britannique qu’ils ont exigé cette méthode pour la suite du commerce.

De nos jours, le marché conventionnel du thé est contrôlé par un nombre restreint de multinationales qui influencent grandement le prix aux enchères régionales. La surproduction des dernières années pousse les cours à la baisse et l’on tente conséquemment de stimuler une plus grande consommation dans les pays producteurs, qui sont pourtant déjà quantitativement les plus gros buveurs (Inde et Chine); mais per capita, l’Indien se contente de 650 g par année, contre 2 200 g pour l’Anglais!

Du côté de l’équitable (qui incorpore dans son équation les autres types d’infusions à base d’herbes comme la camomille, la menthe ou le rooibos sud‑africain), après une récente explosion de la demande – une croissance de 112 % entre 2007 et 2008 ‑, principalement due à la fidélisation d’une des trois plus grandes chaînes alimentaires au Royaume‑Uni à la fin de 2007, le marché du thé équitable s’est stabilisé avec une croissance de 8% en 2011.

L’importance du thé dans le commerce équitable est également grandement marquée par la certification des premières plantations avec des travailleurs salariés. L’arrivée des plantations de thé équitable créa une onde de chocs et son lot de résistance dans l’ensemble du mouvement équitable et surtout auprès des coopératives démocratiques de petits producteurs, qui étaient jusqu’alors l’emblème du mouvement équitable.

On compte 16 filières de produits équitables certifiées par Fairtrade International qui sont réservées aux organisations de petits producteurs (café, cacao, sucre, riz, coton, …), alors que 5 (jus de fruits, fruits frais, banane, thé et vin), comptent également de grandes plantations, et que 2 (les fleurs et les ballons de sport) ne proviennent que d’entreprises privées dépendantes de main-d’œuvre salariée.

Ce débat sur les plantations fait toujours rage au sein du mouvement équitable et fut au cœur de la séparation entre Fair Trade USA et Fairtrade International.  Les plantations de café étant, entre autres, admises dans le nouveau programme « Fair Trade for All » de Fair Trade USA.

 

Quelques chiffres :

  • Commerce conventionnel

Production mondiale : 4 483 954 tm
Croissance : 5.6%

Principaux pays producteurs :
Chine               33%
Inde                 22%
Kenya              9%
Sri Lanka         6%
Turquie            5%

  • Commerce équitable

Production équitable : 13 398 tm
Croissance : 8%
Année de certification : 1996

Organisations certifiées : 105 organisations en provenance de 12 pays
Inde                      30%
Kenya                  25 %
Sri Lanka              13 %
Tanzanie               8%
Chine                    7%

Prix minimum équitable : entre 1,10 $ et 2,60 $ / kg
Prime équitable :   0,50 $ et 1,10$ / kg
Prime biologique : inclus ci haut
Proportion de biologique : 17 %

Texte et photo : Éric St-Pierre
Légende photo : Tes Rai s’assure de l’uniformité du flétrissage des feuilles de thé biologique et équitable à l’usine du jardin de thé Makaibari, dans le Darjeeling, en Inde. © Eric St-Pierre

Sources :
Le Tour du Monde Équitable, Éric St-Pierre, Les Éditions de l’Homme, 2010 : www.ericstpierre.ca
FAO : http://faostat.fao.org/
Fairtrade International, 2011-12 Annual report : http://www.fairtrade.net
FLO-CERT : http://www.flo-cert.net/

 

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