La filière du coton

Connaissez-vous le coton?

En théorie, tout le monde sait ce qu’est le coton. C’est un arbrisseau qui a été domestiqué en Inde et au Mexique en même temps, 5000 ans avant notre ère. Le coton avait alors bien des avantages sur les textiles habituels, notamment le chanvre, mais était réservé aux occasions spéciales et aux classes supérieures, dû à l’intensité de travail. Tandis que le chanvre, lui, se tisse directement à partir de la tige, la fibre du coton, elle, subit plusieurs étapes avant qu’elle ne puisse être tissée.

Le fruit du coton est une sorte de fibre blanche qui renferme les graines de l’arbrisseau. Les fibres doivent d’abord être séparées manuellement des graines, pour ensuite les enfiler en un fil qu’on peut utiliser pour tisser le textile.

La séparation des graines se fait à partir du 5e siècle avec une sorte de rouleau-peigne. À partir du 14e siècle on voit des machines à deux rouleaux qui fonctionnement semi automatiquement, parfois même avec un ruisseau comme source d’énergie.

À peu près en même temps, les premières fibres de coton se rendent en Europe, où l’on croit alors que cette fibre ne peut pousser que sur des plants-mouton exotiques. À travers la route de la soie sous l’Empire ottoman, l’échange avec l’Inde s’accélère et la classe marchande de la Renaissance prend un grand intérêt au textile.

Lentement, une économie s’installe autour du coton, qui est importé de l’Afrique du Nord ottomane et transformé pour créer un textile beaucoup plus souple et durable que le chanvre.

C’est en 1600 que la reine Élisabeth I donne à la Compagnie des Indes orientales le mandat d’augmenter l’échange avec l’Orient. L’organisation grandit vite dans les 150 ans suivants. En 1757, elle contrôle le sous-continent indien en entier. Le coton est alors son produit d’exportation principal et devient pour l’Angleterre le moteur de son développement. Dans le même temps, la transformation du coton est accélérée par l’esprit innovateur de l’industrialisation – des machines pour enfiler, égrener et tisser le coton sont constamment améliorées et agrandies.

C’est avec la colonisation d’un côté et l’indépendance américaine de l’autre qu’une réelle économie mondiale du coton s’installe sur les cinq continents.  Différents pays concurrencent la Grande-Bretagne dans la production. Cela ne se déroule pas toujours sans conflits; la guerre civile des États-Unis, par exemple, combine les questions économiques de l’industrie du coton à la bêtise et l’avarice humaine. La guerre civile américaine conduit aussi à l’introduction massive du coton en Afrique – puisque le Nord bloquait les exportations du Sud, le continent européen se tournait d’abord vers l’Égypte, puis ses propres colonies, pour la production du coton.

Aujourd’hui, le coton reste une des productions les plus importantes au monde…

La production annuelle mondiale est autour de 25 millions de tonnes. Si l’on voulait transporter cette quantité, il faudrait environ 160 des plus grands bateaux porte-conteneurs ou 1.5 million de camions commerciaux. La majeure partie de ce coton pousse aujourd’hui en Chine, en Inde, aux États-Unis, en Asie centrale et en Afrique. Mais pendant que la Chine et l’Inde sont capables d’utiliser le coton qui pousse chez eux, les États-Unis et l’Afrique exportent le coton brut vers la Chine et l’Asie du Sud-est.

Aux États-Unis, la production du coton est fortement subventionnée, ce qui pousse le prix du coton mondial vers le bas. En 2002, cela porte le Brésil à se plaindre à l’Organisation mondiale du commerce de cette forme de concurrence déloyale. Un procès démarre et il ne prendra fin qu’en 2009 avec la conclusion que les États-Unis font, en effet, de la concurrence déloyale. Jusqu’aujourd’hui, ce jugement n’a pourtant pas eu des répercussions importantes.

En 2004, le Cameroun, le Burkina Faso, le Tchad et le Mali commencent à évaluer les alternatives.

C’est en 2005, que les premiers programmes de commerce certifié équitable voient le jour.

La culture du coton : la plus polluante des cultures agriculturales

Le coton couvre 2.5 % des terres arables, mais utilise 16 % de la production mondiale de pesticides. On a fréquemment essayé de trouver d’autres méthodes pour augmenter la production du coton.

Vers la fin du 20e siècle, on voit arriver les premiers plants de coton génétiquement modifiés. C’est un scientifique japonais Shigetane Ishiwatari, qui en 1901 s’est rendu compte que la bactérie du nom de Bacillus thuringiensis, était à l’origine de la maladie de la colonie de vers à soie. C’est ainsi qu’aujourd’hui on peut introduire le matériel génétique de cette bactérie dans celui du coton. Ce dernier, produisant alors des substances nocives a la capacité de tuer ses prédateurs principaux, tels que les mites et autres types d’insectes. En réalité, les résultats ne sont pas très concluants – on s’est rendu compte que certains insectes se sont adaptés à cette modification, ce qui pousse au retour à l’utilisation de pesticides…

Cependant la science nous a appris que ce n’était pas la méthode la plus efficace.  C’est pourquoi nous avons vu apparaître un nouveau type de coton génétiquement modifié, distribué par la compagnie Monsanto. En effet, l’intérêt d’avoir modifié génétiquement la plante c’est qu’aujourd’hui elle n’est plus sensible aux pesticides utilisés contre les insectes.

Le producteur de coton peut alors acheter à la même entreprise un pesticide qui tue des prédateurs et une plante qui ne se fait pas tuer par les pesticides. Cependant, l’impact sur l’organisme humain reste totalement inconnu.

On rappelle qu’en 2007, 43 % de la production de coton était du coton génétiquement modifié.

Cette course
à l’achat de semences génétiquement modifié et aux pesticides, combiné au prix mondial du coton influencé par la concurrence déloyale des subventions américaines pousse une grande partie des producteurs de coton dans la pauvreté, l’endettement et l’abandon de l’agriculture au profit des grandes entreprises de production.

Le plus étonnant dans tout ça ? L’agriculture biologique marche aussi bien. Avec des méthodes qui ont été développées et mises à jour depuis 1924, l’agriculture biodynamique reste le courant le plus important dans l’agriculture biologique. En utilisant des engrais et des semences que les producteurs peuvent facilement produire eux-mêmes, l’agriculture biologique est un garant de leur indépendance économique.

Source : Fibrethik www.fibrethik.org/

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